Pression sociale autour de l’aillaitement

//Pression sociale autour de l’aillaitement

Suite à la semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM), nous nous sommes intéressés aux pressions sociales auxquelles les femmes peuvent aujourd’hui être confrontées.

Les jeunes mamans ont-elles réellement le choix entre allaitement maternel et allaitement au biberon ? Doit-on favoriser l’allaitement maternel dans tous les cas ? Et qu’en est-il des mères qui allaitent soit disant « trop longtemps » ?

Les recommandations des organismes de santé

L’OMS (Organisme Mondial de la Santé) et la Leche League recommandent un allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois suivi d’un allaitement mixte pendant la diversification alimentaire jusqu’aux deux ans de l’enfant.

D’après la Leche League, 69,1 % des femmes allaitent à la maternité, mais seulement la moitié (54 %) continue à allaiter un mois plus tard, dont seulement 35 % de façon exclusive.

Cette recommandation est elle-même un vaste débat : alors qu’elle est compréhensible pour les pays pauvres, qu’en est-il pour les pays développés ? En effet, l’allaitement maternel est conseillé pour lutter contre la malnutrition, les diarrhées ou les problèmes respiratoires, liés notamment à l’eau non potable. Ces problématiques ne sont pas forcément les mêmes en France.

La pression sociale du « pro-allaitement »

Nombreuses sont les femmes qui reconnaissent avoir ressenties une pression pour qu’elles allaitent. On peut notamment retrouver le témoignage de Clémence interrogée par le site Infobébés. Cette pression peut venir à la fois des professionnels de santé (infirmière, pédiatre, sage-femme) mais également de la famille, des amis … Et cela commence bien avant la naissance de l’enfant : parmi toutes les questions aux femmes enceintes, la question de l’allaitement revient très régulièrement ! Et comme pour de nombreux sujets, tout le monde y va de son conseil… qui est souvent que l’allaitement maternel reste la meilleure solution. On obtient ainsi de nombreuses mères qui allaitent parfois non par choix mais par pression…

Les campagnes prônant l’allaitement sont uniquement tournées vers les avantages de celui-ci, et de nombreuses nouvelles mamans se retrouvent confrontées à des difficultés : douleurs, stress, lactation pas assez importante… Des difficultés cachées qui peuvent alors entrainer des mères en situation d’échec et de culpabilité. Ces campagnes deviendraient-elles alors contre-productives ? L’idéal serait en effet de proposer aux futures mamans toutes les informations, avantages et inconvénients, de l’allaitement au sein et au biberon pour qu’elles puissent peser le pour et le contre et faire un choix réfléchi.

Il est également important de déculpabiliser les mamans qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter. Malgré les recommandations et les études scientifiques qui prouvent que les apports nutritionnels sont optimaux avec un allaitement au sein, ce sont en priorité aux professionnels de santé de supprimer le stéréotype comme quoi une bonne mère est – uniquement – une mère qui allaite. En effet, la culpabilité ressentie par les non-allaitantes, voire par celles qui « oseraient » dire qu’elles ne veulent pas allaiter, peut être grande et parfois même la cause première des difficultés ressenties. Un allaitement contraint et non choisi sera logiquement éprouvant à la fois pour la mère et pour le bébé.

La pression sociale anti-allaitement

Moins connu ou plus rarement mis en avant, certaines femmes peuvent être à l’inverse confrontées à une pression anti-allaitement.

Il est notamment possible qu’un conflit générationnel entre les jeunes parents et les nouveaux grands-parents ait lieu. En effet, la génération des années 70, s’étant battu pour le droit de femmes, peut avoir du mal à comprendre et entendre l’avis des femmes d’aujourd’hui qui souhaitent tout de même allaiter. A l’époque, l’allaitement maternel était plutôt décrié et perçu comme une servitude ou un manque de liberté pour les femmes.

La pression liée à la reprise du travail peut également être une des causes d’abandon de l’allaitement maternel. En effet, lorsque le congé maternité touche à sa fin, de nombreuses mamans sèvrent leurs bébés pour reprendre une activité salariée. Il peut paraître très compliquer de continuer tout en retravaillant. Pourtant, il est tout à fait possible de tirer son lait par exemple et de continuer à donner le sein lorsqu’on est à la maison.

L’allaitement en public et le regard de personnes extérieures peuvent bloquer ou gêner à la fois les mamans allaitantes et leur entourage. Il peut arriver que certains compagnons vivent mal le fait de voir leur femme donner le sein dans un lieu public, malgré les petites astuces ou vêtements qui peuvent pourtant limiter la vue.

La pression sociale face à l’allaitement considéré comme trop long

Il existe, outre la pression sociale du pro-allaitement, celle qui provient d’un allaitement dit « trop long ». Mais trop long, c’est à dire ? En effet, rappelons-nous que l’OMS recommande un allaitement exclusif durant les 6 premiers mois, puis un allaitement mixte jusqu’aux 2 ans de l’enfant.

Entre 6 mois et 1 an, de très nombreuses mères procèdent au sevrage, profitant souvent de l’étape de la diversification alimentaire pour faire cela en douceur. D’après une étude de la Leche League (lien), moins de 3% des bébés seraient allaités après leurs 2 ans.

Cependant, de nombreuses mères ayant choisi un allaitement long sont confrontées à des jugements : certains y voient là les manifestations d’un complexe d’Œdipe, un enfant pas autonome, une mère trop étouffante, ou une relation jugée trop fusionnelle …

Cette pression sociale est bien moins connue et reconnue que celle à laquelle doivent faire face les non-allaitantes. Et pourtant ! Alors que les mères qui ont choisi le biberon ne se verront poser des questions et culpabiliser “que“ durant les premiers mois, celles qui font le choix d’un allaitement long doivent faire face à des jugements sur le long terme… A tel point que certaines femmes disent se cacher pour vivre pleinement leur choix d’allaitement long.

Pour conclure…

Que l’on choisisse l’allaitement maternel ou au biberon, pour seulement quelques jours ou durant plusieurs années, l’important est de se sentir en phase avec ses choix. Mais n’oubliez pas d’être également tolérant envers les autres : chaque femme et chaque enfant est différent, il n’y a pas de bons ou mauvais choix.

2017-10-19T12:36:44+00:00 Par |Non classé|

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